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Critique de disque

NATE WOOLEY, CHRISTIAN WEBER, PAUL LYTTON
Six Feet Under
(No Business, 2012)

Se goudronner les fesses comme un champion
Non mais c’est quoi l’affaire de mettre un trombone sur ta pochette de disque lorsque ton trio n’est composé que d’une contrebasse, d’une batterie pis d’une trompette? Je vais jamais me plaindre du résultat qu’un Nate Wooley au sommet de son art peut concocter avec l’idole suisse Christian Weber et la légende vivante qu’est Paul Lytton… mais quand on me promet du trombone, je veux du trombone. Ce disque est la plus grande arnaque depuis le 10,000 BC de Roland Emmerich qui, malgré sa forte promesse en animaux de type préhistorique, se contentait de quelques mammouths poilus et un tigre à dents de sabre au coeur doux. Ça va faire le niaisage. (FSD)

:: Plus d’informations via NoBusiness

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BAJOFONDO
Presente
(Masterworks, 2013)

Casio de luxe
Nous vivons à une époque fantastique où on peut prendre huit musiciens, inviter un orchestre de trente-cinq personnes à les accompagner et, grâce à la puissance des technologies numériques de pointe, faire sonner tout ce beau monde là comme les arrangements midi d’un projet de disco-tango de club social. Ça prenait clairement la deuxième décennie du 21e siècle pour arriver à ce parachèvement exemplaire des idéaux esthétiques de la musique electro-lounge, circa 1996. (AFR)

:: sur le web

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CHELSEA LIGHT MOVING
Chelsea Light Moving
(Matador, 2013)

Dans ta pipe, Léo Bureau-Blouin
Les gens ont l’air de penser qu’en vieillissant, on doit forcément développer l’amour des compromis, couper ses cheveux, dériver vers des goûts musicaux consensuels, baisser le volume de son système de son pis voter pour le PQ. Thurston Moore va avoir 55 ans en juillet et chaque gros riff glorieusement distordu de ce Chelsea Light Moving, premier album de son nouveau groupe du même nom, semble avoir été conçu spécifiquement pour dire fuck you à tous ces faux jeunes qui ont la moitié de son âge, le quart de son intégrité, le huitième de son street cred et le seizième de son audace. (AFR)

:: plus d’information via Matador

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JOSHUA ABRAMS
Represencing
(Eremite, 2012)

Gros cactus-champignon
À première écoute, l’idée de comparer ce Reprecencing à la version chicagoise d’un Ratchet Orchestra qu’on aurait laissé mariner dans des eaux psychédéliques nord africaines importées par la AACM à la fin des années 60, parait logique. (Certains diraient même, noble) C’est cependant à la seconde écoute que le fruit du peyotl s’active. Nous ayant récemment habitué aux voyages interstellaires, le tout Chicago, nous propose cette fois-ci un périple transcendant les standards des plus grands junkies d’hallucinogènes d’antan. Exit les étoiles et l’interstellarité des planètes, bonjour le gros cactus-champignon et le désert ouvrant la porte aux nouvelles vérités universelles. Joshua Abrams est loin d’être le premier musicien à pousser les gens au classique « fuck ma télévision, je m’achète un dashiki », mais il pourra aisément prendre le crédit pour avoir repopularisé cette tendance. (FSD)

:: Plus d’info via Eremite

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GEOFFREY GURRUMUL YUNUPINGU
Rrakala
(Justin Time, 2012)

« I’ve been searching for a heart of Iridium »
Ça sonne comme si Neil Young était africain, avait fait moins de drogues et n’avait jamais entendu parler de distorsion. C’est parfait pour ne pas se sentir mal de passer la journée à regarder la pluie tomber à travers une fenêtre sale dans un café, puisqu’avec un soundtrack comme ça, c’est comme si on avait accompli quelque chose. (PJL)

:: Plus d’info chez Justin Time

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CHRIS POTTER
The Sirens
(ECM, 2013)

Les robots, c’est n’importe quoi
Faque j’me dis que j’vais faire un peu de recherche au lieu d’écrire des conneries comme d’habitude. Chris Potter ce n’est pas un tout-nu et ECM, c’est une étiquette qui a une certaine aura, j’veux pas sonner comme un cave. Je me rends sur allmusic.com comme point de départ et dans le coin en bas à gauche, y’a la catégorie « album moods ». Laisse-moi te dire, ti-gars, qu’on a passé le point du bon goût dans le bullshittage qu’on peut vomir sur la musique. C’est bin beau de faire des références obscures pis sortir des méta-théories sur la mathématique des progressions, mais utiliser des qualificatifs clés pour décrire un album, ça devrait pas être si compliqué, non? En voici quelques-uns pour celui-ci : Ambitious, Atmospheric, Bittersweet, Calm/Peaceful, Confident, Delicate, Brooding, Dramatic, Earnest, Elegant, Earthy, Enigmatic, Epic, Flowing, Graceful, Literate, Lyrical, Mysterious, Narrative, Poignant, Refined, Sophisticated, Thoughtful, Understated, Warm, Yearning… Vraiment, allmusic.com… vraiment? C’est comme dire poliment à ton ami qu’il devrait se médicamenter parce qu’il est bipolaire et un peu trop maniaco-dépressif à ton goût. Guess what, il est INCOMPRIS,  ton ami. Comme Chris Potter par l’algorithme d’allmusic.com. Chris, viens vivre dans ma cabane à Ste-Anne-des-Mognons, je ne te jugerai pas. (PJL)

:: Plus d’info via ECM

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