Journal de bord de l’OFF — Trio Derome Guilbeault Tanguay + Socalled / Nozen

Trio Derome Guilbeault Tanguay +
Socalled / Nozen
Lion d’or, 7 octobre 2011

Trio Derome Guilbeault Tanguay
Qu’il n’y ait qu’un seul jazz ou plusieurs, que son existence même soit remise en question ou pas, personne ne pourrait réunir plus de consentement que le trio de force de Jean Derome, Normand Guilbeault et Pierre Tanguay sur le sujet. Difficile donc de commenter un concert où les parrains de notre scène ne font que le plus naturel des gestes : étaler leur art dans sa plus pure version. Poursuivant dans l’élan du magnifique Danse à l’Anvers (Ambiances Magnétiques Jazz, 2011), le trio a doucement navigué entre les compositions de maître Derome et celui de la grande histoire du jazz, déconstruisant au passage le classique de Ray Henderson, The Best Things In Life Are Free. Autre moment phare de la prestation fut celui où ce même Derome fredonna doucement les paroles d’un You Can Depend On Me, sous le délire d’une foule décidément bien heureuse par la surprise. Inutile de le répéter, mais faisons-le tout de même, Normand Guilbeault commanda sa contrebasse comme seul lui sait le faire et Pierre Tanguay n’a que réitéré son titre de premier batteur de la nation.

Socalled / Nozen
Rappelons-nous de cette première mouture du Tremblement de fer de Pierre Labbé et ses 50 musiciens, une commande de l’OFF qui, après un départ un peu éparpillé, a pris beaucoup de gallon en se réorientant vers une (inévitable) formation plus réduite et plus concise. Un projet de la sorte n’aurait jamais vu le jour sans le support de l’OFF. La même conclusion pourrait être tirée de cette fusion entre le projet du multi-instrumentiste Socalled et la formation free-klez (bah, utilisons ce terme au dépit d’un autre…) Nozen de Damian Nisenson. Gravitant généralement autour du répertoire du quartet et de quelques mélodies hébraïques, le concert s’est lentement dirigé vers une finale plus socalledienne au plaisir des quelques disciples de la star montréalaise qui n’hésitèrent pas à improviser un petit plancher de dans dans un Lion d’Or confortablement assis. Alors que l’intégration des échantillons laissait à désirer par une cohésion brouillonnant les rythmes de Pierre Tanguay (batterie) et Jean-Félix Mailloux (basse et contrebasse), celle des piano et claviers relevait d’un cran le jeu d’ensemble des musiciens. L’histoire saura nous dire si Nozen retentera l’expérience avec un Socalled délaissé à ses simples pianos et accordéons. Preuve fut d’ailleurs servie lors d’une très jolie finale tout en acoustique où saxophone, accordéon, et contrebasse défilèrent en plein milieu d’un public conquis par un esprit festif n’ayant jamais manqué au rendez-vous. (FD)